GREVE SUR L'ETAT

Publié le par Christiane Chavane

Il y a quelques jours, en évoquant la réformette des retraites et la pétition de l'UMP, j'avais émis des doutes sur l'efficacité de la méthode Sarkozy-Fillon. Sur le fonds aussi, car cette réforme n'a franchement rien de révolutionnaire et ne résoudra pas le problème du déficit chronique des caisses publiques.

Il paraît - c'est l'Huma qui le dit - que 55% des Français comprennent les grévistes. D'après le Figaro, ce serait plutôt 45%. Evidemment puisque plus de la moitié de la France vit directement ou indirectement de l'état ou des compagnies qui en dépendent. Sinon, comment des gens censés pourraient-ils admettre que ceux qui sont présumés servir l'état et le citoyen usent de tels moyens de chantage contre leurs propres clients?

J'ai entendu beaucoup d'âneries pour justifier l'injustifiable. La plus belle de toutes est celle-ci : "les Français sont jaloux de leurs voisins et envient les privilèges de la fonction publique. il ne sert à rien d'appauvrir les salarié du public, cela n'enrichira pas ceux du privé".
Fichtre! C'est qu'ils vous tireraient des larmes de crocodiles, nos syndicalistes!

Peut-être est il utile de rappeler quelques vérités?

Les salariés des services publics ne sont pas des fonctionnaires au sens propre puisqu'ils sont payés par leur entreprise. On les trouve à EDF, GDF, SNCF, RATP, la Poste, et quelques autres entreprises publiques comme la Banque de France. Ceci recouvre une grande variété de cas, car aux salaires s'ajoutent des primes et des avantages divers et variés qui diffèrent sensiblement d'une entreprise à l'autre. Il est notoire que le CE de EDF est une grande pompe à fric pour la CGT... D'autres cas sont moins connus.

Ces salariés jouissent d'un statut particulier qui n'a son équivalent ni chez les fonctionnaires ni chez les salariés du privé. Mais tout comme les fonctionnaires ils bénéficient d'un emploi à vie, et même transmissible de génération en génération. Ce statut coûte extrêmement cher aux entreprises concernées, mais le déficit est épongé par les subventions qu'elles engrangent. Quant aux retraites, comme les entreprises se sont bien gardées de les provisionner et ne pourront jamais les payer, ce sont les caisses du secteur privé (et non de l'état) qui paient.

Le problème est qu'avec l'allongement de la durée de vie, le grand nombre de départs en retraite qui se profile dans les 10 années qui viennent, associées à un manque de fécondité, le faible nombre de gens qui cotisent aujourd'hui en raison du chômage et des exonérations de charges, tout concourt à ce que le système par répartition que nous avons mis en place après la guerre soit en faillite. C'est pourquoi on a demandé aux salariés du privé et aux fonctionnaires de travailler 2,5 années de plus. Mais on ne l'a pas demandé aux salariés des régimes spéciaux. Or, l'argent sort - qu'on le veuille ou non - des caisses du privé. 

Autrement dit non seulement aucun effort n'a été fait de leur part jusqu'ici, mais ils continuent de puiser leurs avantages dans la poche des salariés du privé, qui, eux, s'appauvrissent. Il serait urgent de faire cesser le pillage. 

Tout le monde a entendu parler des vases communiquants : lorsqu'on dispose d'une quantité limitée de liquides, placés dans deux vases reliés à la base, ce qui monte d'un côté descend nécessairement de l'autre. Normalement l'égalité se fait toute seule. Mais si l'on met une pompe d'un côté on vide forcément l'autre côté. Or nous avons au fond de notre poche une pompe aspirante qui s'appelle état, et la redistribution se fait toujours dans le même sens. L'ennui c'est que les "richesses" qui sont pompées ainsi, ce sont celles que nous avons créées. Elles auraient dû servir à alimenter la croissance, à embaucher... Elles ne servent qu'à donner de petits privilèges, qui nous paraissent exorbitants mais qui en fait sont minables : si nous pouvions cotiser à notre propre retraite par capitalisation nous aurions au bout autant que les salariés des régimes spéciaux sans nous ruiner. Là, nous nous ruinons pour ne rien avoir et pour qu'eux aient un peu.

Le première cause du chômage en France, il ne faut pas la chercher loin, elle est là!

Publié dans Economie

Commenter cet article