CUBA LIBRE

Publié le par Christiane Chavane

Raul remplace Fidel mais ils sont interchangeables, encore davantage que notre PS-UMP, c'est tout dire! Eux n'ont même pas besoin de passer par les urnes. Au fonds c'est moins hypocrite.

Qui connaît Yoani Sanchez?

Yoani Sanchez est une blogueuse cubaine dont le site a une audience remarquable parmi les hispanophones. Elle porte un regard drôle et un peu caustique sur la vie quotidienne à Cuba. Son succès est tel que le prix Ortega y Gasset - récompense pour le journalisme par internet - vient de lui être décerné. La voici donc invitée à venir le chercher à Madrid.

C'est là que ça se corse : le gouvernement Cubain ne l'entend pas de cette oreille et décide de ne pas lui attribuer de visa de sortie (vous avez bien lu : en principe on a besoin de visa pour entrer dans un pays, pas pour en sortir, à moins d'être repris de justice en liberté conditionnelle - A Cuba, c'est l'inverse!). Voilà donc Yoani consignée dans son île. Ce qui nous vaut un article fort pertinent que nos élus - qui rêvent de contrôler internet (voir le projet de loi sur la protection des pousseurs de chansonnettes genre Carla) - risquent de moins apprécier que nous. Je vous en livre la version traduite (par mes soins) et le lien sur cet intéressant blog pour ceux qui lisent la langue de Cervantes.

Notons que si le gouvernement cubain avait laissé partir la demoiselle, personne n'aurait parlé de cette histoire et je n'aurais pas connu son blog (et je suis sûre qu'il en est de même pour beaucoup de gens). Comme quoi il est finalement difficile de museler la liberté d'expression. La censure est ici une arme à double tranchant.

En attendant les Cubains n'ont plus accès au blog. Le serveur internet local (contrôlé par l'état) le leur interdit.

Le texte de Yoani :

http://www.desdecuba.com/generaciony/

BEBES AVEC TETINES (titre original : lactantes con chupete)

Cette enfance civique incommode où il faut demander la permission pour presque tout n’évolue pas avec l’âge. Autrefois c’étaient mes parents qui veillaient à ce que je n’avale pas une arête ou que je ne mette pas les doigts dans la prise de courant, aujourd’hui la surveillance vient largement de l’Etat. Sous la protection de ce tuteur rigide, il n’y a guère de place pour les petits jeux ni pour gambader, encore moins pour sortir seul.

 

Ces jours-ci, je me sens comme un bébé en couches-culottes, alors que j’attends l’autorisation d’aller recevoir le prix Ortega y Gasset à Madrid. L’autorisation de prendre le vol de demain samedi 3 mai – jour de la liberté de la presse – est bloquée par une mystérieuse Autorité de l’Immigration et des Affaires étrangères, qui ne me donne aucune explication. Pour cette puissante institution je suis un nouveau-né auquel on ne dit pas qu’on va lui faire une piqûre.

 

Quelle impatiente j’ai de grandir… de devenir adulte et de pouvoir entrer et sortir de chez moi sans demander la permission !

Publié dans Témoignages

Commenter cet article