COURSES SANS SAC
Dès 2007 la municipalité parisienne nous prive de sacs plastiques ; il faut bien se la jouer écolo. Sortons nos cabas ou préparons nous à payer les sacs réutilisables.
Pour se faire pardonner d’avoir pollué Paris en empoisonnant les automobilistes, il faut étendre l’empoisonnement à tous les consommateurs. Logique : c’est la haine de la société de consommation. Nostalgie de 68 dont les révolutionnaires sont devenus hauts fonctionnaires et cadres sups ?
Je ne sais pas si vous faites comme moi, mais les sacs de supermarché me servent aussi à jeter mes déchets. Il faudra donc que j’en achète. Voilà qui va faire plaisir aux fabricants de sacs poubelles. Ce n’est qu’un transfert puisque les fabricants de sacs plastiques de supermarché en vendront moins. Cela ne créera pas foule d’emplois. Mais ça fera baisser mon pouvoir d’achat.
Est-il si écolo de supprimer les sacs et quel est, au fond, le problème ?
En donner moins est sans aucun doute souhaitable. Il y a bien un peu d’abus. Mais la tendance va dans le bon sens. Ces sacs ne sont pas biodégradables, mais ils brûlent et fournissent de l’énergie. Or, les ordures parisiennes sont traitées dans deux unités d’incinération. Il serait difficile de faire autrement compte tenu des volumes, à moins de couvrir l’Ile de France de décharges. Notons que si vous achetez des sacs poubelles pour vos ordures vous revenez à la case départ. Il aura fallu du pétrole pour les fabriquer, dans les 2 cas. La seule chose qui serait intelligente serait de pousser les commerçants à fournir des sacs blancs ou transparents, ce qui limiterait les métaux lourds dus aux colorants. Or, les sacs réutilisables, qui ne se réutilisent pas à l’infini, sont rarement dénués de publicités colorées.
Quant aux sacs biodégradables : ils ne sont pas faits que de composants biologiques, mais aussi partiellement de composants chimiques et demandent une grande quantité d’énergie et de pétrole pour être fabriqués. On tourne en rond. Sur le plan environnemental il y a un autre problème, très bête : la matière première est le maïs, très gourmand en eau et en subventions, donc asséchant les nappes phréatiques et le porte-monnaie des contribuables, et demandant d’être traité aux pesticides chimiques, sauf à être OGM, ce qui est encore plus mal vu par nos nazécologistes multimédiatisés.
Par ailleurs ces sacs plus lourds vont augmenter la quantité de déchets, et alléger votre portefeuille car ils sont nettement plus chers que les autres. Votre commerçant peut évidemment choisir de diminuer considérablement sa marge bénéficiaire, déjà mise à mal par les taxes indirectes que notre Mairie lui fait subir, sans oublier sa baisse d’activité liée aux problèmes de circulation. Les seuls à rigoler sont les hypermarchés… Ils augmenteront un peu leurs tarifs et vous feront payer les sacs sans que vous vous en aperceviez.
Le seul cas où il est utile de supprimer les sacs, c’est en zone rurale, là où l’on met les ordures en décharge ; nous savons valoriser les déchets pour produire de l’énergie. Mais le tri doit être impitoyable et les sacs plastiques doivent être absents de la décharge, précisément parce qu’ils ne sont pas biodégradables. Là oui, cela se justifie.
En revanche revaloriser le petit commerce au détriment des grandes surfaces permettrait de limiter ces monstrueuses barquettes polyéthylène ou polystyrène qui encombrent nos poubelles. Mais pour ça il faut arrêter de harceler les commerçants de proximité.
Il serait temps de perdre cette manie de décider de solutions uniques au nom de tous sans réfléchir. Ou pire, pour faire mode. A pensée unique, solution unique, désastre assuré.
A noter le remarquable communiqué de la Mairie : « lancer une concertation pour mettre fin à la distribution de sacs plastiques à partir de 2007 ». Comme le remarque le Perroquet Libéré, à quoi bon une concertation si le résultat est connu d’avance ?