LE MAUVAIS PLAN CANICULE
A l’heure où notre bon ministre Borloo veut développer les services à la personne et après la création d’une sécu-vieux grâce à la corvée du Lundi de pentecôte (dont la fonction publique s’est étonnamment abstenue, les corvéables étant toujours les mêmes…), voyons un peu comment ça marche.
Ma vieille maman à moi (83 ans) vit sur
Fin juin, le Conseil Général des AM lui a envoyé une belle lettre pour lui proposer une téléalarme et de bons conseils sur la façon de boire de l’eau par temps chaud (elle en a tellement rigolé qu’elle a failli s’étrangler). Renseignement pris, il faut remplir un dossier mentionnant tous ses biens, carnet de caisse d’épargne inclus, pour s’entendre dire après que, en fait, si votre retraite est telle que vous avez la chance formidable de payer des impôts, vous n’aurez pas de téléalarme, ni gratuite ni payante. Mais vous pouvez passer par des sociétés privées à but parfaitement lucratif (et évidemment très chères). Autrement dit si vous n’êtes ni milliardaire, ni éligible au fonds social de solidarité, vous dérangez (cela rappelle une sinistre idéologie). C’est ce que j’ai conclus à haute voix au grand dam de l’assistante sociale de service : « mais non, mais non, voyons, ce n’est pas du tout ce que vous croyez ».
Quant à une aide-ménagère, elle sera à titre payant, ce qui est normal. Ce qui l’est moins c’est que la première fois que je suis allée voir l’assistante sociale elle m’a répondu qu’à titre payant, « on ne faisait pas, et que j’avais qu’à aller voir à l’ANPE » (sic). Inutile de dire que cette dame ne se déplace pas au domicile des personnes âgées pour évaluer leurs besoins. Aujourd’hui on me dit que oui, on peut, c’est 17 euros de l’heure. Entendez par là 9 euros pour la femme de ménage et 8 pour les charges sociales : il faut bien payer les assistantes sociales et la sécu-vieux.
On me précise : « elle ne fait que le petit ménage. » Maintenir un logement propre n’entre pas dans leurs attributions. Ma mère devra continuer à faire les vitres et tirer les meubles pour passer l’aspirateur puisque ces tâches sont considérées comme du grand ménage (je me le suis fait préciser). A 17 euros de l’heure, quand mon médecin qui a fait 10 ans d’études n’a pas le droit de facturer plus de 21 euros la visite et qu’il doit payer les charges de son cabinet… Il vaut mieux faire des ménages. En plus la moitié des tâches étant interdite, ce n’est pas fatigant. Le plan Borloo prévoit pour les employés des abaissements de charge, mais pour les retraités c’est plein pot. Le problème vient évidemment du fait que ces charges sociales sont scandaleusement abusives, mais ce qui compte au bout, c’est le résultat. Personne, dans la classe moyenne française, ne peut payer 17 euros de l’heure pour faire épousseter ses meubles. Et cela ne les vaut pas.
Il est urgent de traiter différemment les problèmes sociaux et de supprimer ces services coûteux, injustes et inefficaces. Nous préférons l’impôt négatif en remplacement des aides sociales, et le libre choix de prestataires de service agréés, ce qui sous-entend une information de qualité et facile d’accès, et un contrôle sérieux des prestataires : là est le rôle et le seul des services publics.