LE MODELE ALLEMAND

Publié le par Christiane Chavane

Pour faire passer la pillule de la TVA sociale notre gouvernement s'appuie sur les décisions d'Angela Merkel. Sauf que l'Allemagne a fait une politique d'ensemble, cohérente. Elle a en même temps assaini ses finances en faisant passer la TVA de 16 à 19 (et non de 19.6 à 25.6), supprimé l'ISF, baissé les impôts des sociétés. 2 points de TVA ont servi à réduire le déficit budgétaire et le point supplémentaire à alléger les charges patronales, sans contrepartie pour les entreprises qui ont amélioré leurs marges.

Il y avait sans doute de meilleures solutions. Mais la cohérence est une condition nécessaire de réussite, et la politique de Merkel a été cohérente. De plus les comptes sociaux allemands ne sont pas aussi plombés que les nôtres et les caisses de sécu sont en concurrence, et bien gérées. A coût de travail égal, les salariés allemands gagnent bien plus que les nôtres. De plus l'immobilier est sensiblement moins cher, même dans les grandes villes. Pas étonnant donc que les affaires reprennent. N'oublions pas non plus que l'Allemagne a une culture d'entreprise et des syndicats eux mêmes actionnaires de sociétés, forts et représentatifs. Ce ne sont pas des marxistes s'arc-boutant sur des droits acquis d'un autre âge, actifs à 99% dans la fonction publique ou les services publics et subventionnés par l'état.

Mais chez nous? 5 points de TVA sera directement 5 points d'inflation non compensée par les augmentations de salaire. Les entreprises n'ont pas le droit de faire plus de marge, il faudra qu'elles baissent leur prix de vente. Mais le prix de vente d'un produit inclut bien d'autres choses que le seul coût du travail, à commencer par les coûts et amortissements en matériel, la propriété intellectuelle et artistique, les insertions publicitaires... Le prix de vente baissera donc fort peu, les salaires ne monteront pas, les retraites non plus d'ailleurs, les marges ne s'amélioreront pas donc ne permettront pas d'investir davantage. C'est une perte sèche de pouvoir d'achat qu'il faudra compenser en revalorisant le SMIC et les retraites, donc en pénalisant les entreprises et en réécrasant les marges. Une politique de la demande, comme toujours et non de l'offre comme il faudrait le faire.

Si c'est cela que Sarkozy appelle la rupture... 

Mais que les socialistes se taisent car cette imbécillité se trouvait aussi dans le programme de Ségolène! Pour une fois c'est l'Humanité qui a raison de titrer : "TVA antisociale".

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Publié dans Economie

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