LE COURRIER PAS LIBERE
L'Union Européenne repousse à 2009 le délai de libéralisation des services postaux.
Pourtant s'il est un système archaïque et un combat d'arrière-garde de la part des syndicats de la fonction publique, c'est bien celui là.
On peut concevoir qu'en zone rurale le gentil facteur portant le courrier jusque dans les fermes isolées soit un moyen de concilier tradition et modernité et ait un côté convivial, rompant l'isolement.
De là à s'acharner à maintenir un système basé sur l'égalité du coût du timbre poste sur une lettre à 20 grammes sur toute la France... A l'heure d'internet, qui détrône même le fax dans les entreprises, il y a quelque chose d'incongru à glisser une feuille dans une enveloppe sur laquelle on va coller un petit carré rouge dentelé, et à jeter le tout dans la fente d'une boîte jaune au coin de la rue. Certes il y a des chèques qui circulent. Mais là aussi de plus en plus la carte de crédit fonctionne à distance, et pour les entreprises le virement direct par internet. Mieux, plus vite et pour beaucoup moins cher, car ni un fax et ni internet ne reviennent à 0.54 euros par courrier.
S'il faut que le courrier continue d'être transporté, s'il faut qu'en milieu rural quelqu'un continue à porter lettres et colis, est-il bien nécessaire de maintenir des bureaux de poste ouverts deux heures par jour? Ce travail ne peut il être confié à un commerçant, qui ne demanderait pas mieux pour maintenir l'activité de sa boutique plutôt que de voir filer les clients à l'hypermarché situé à 15 km? Ne peut-on trouver quelqu'un pour faire la tournée des fermes à temps partiel, qui ne serait pas nécessairement un préposé de la fonction publique centralisée et occuperait éventuellement un autre emploi utile?
A t-on besoin de l'Europe pour laisser se créer des entreprises qui voudraient porter votre courrier ou vos colis ? Alors, si on se passait de leur permission?