AUTOMOBILE EN PANNE
Les voitures françaises, et plus particulièrement Renault, ne se vendent plus. Pour Renault il y a une cause évidente : pas de nouveau modèle. Chaque fois qu'un constructeur lance un nouveau véhicule cela gonfle les ventes. Ceci dit PSA aussi pâtit d'une baisse de chiffre d'affaires, donc de résultat.
RTL analyse le phénomène en disant que les voitures sont trop chères parce que de plus en plus sophistiquées, et que d'ailleurs les véhicules bon marché de type Logan se vendent bien.
J'ai envie de répondre à ce chroniqueur : "c'est un peu court, jeune homme"!
Faudrait-il réinventer la 2CV pour revenir à la Voiture du Peuple (Volkswagen)? Les Français sont -ils condamnés à rouler bas de gamme, donc dans des véhicules moins sûrs et plus polluants? Après la guerre, Renault, qui avait été nationalisée, a été contrainte de faire des véhicules bon marché. Il fallait que tout le monde puisse accéder au luxe automobile. Le résultat ne s'est pas fait attendre : l'entreprise a coulé parce que les petites voitures génèrent moins de marge commerciale, et qu'elle s'est enfermée dans une image négative de fabricant de tondeuses à gazon carrossées. Il a fallu le regretté Georges Besse puis Lévy pour qu'elle sorte de cette caricature
La vraie question est de savoir pourquoi les Français boudent l'automobile et les raisons sont multiples :
- Ce ne sont pas les voitures qui sont trop chères mais les Français qui sont trop pauvres. Les Français sont de plus en plus fauchés. Sans pouvoir d'achat, difficile d'acheter une voiture et le choix se porte sur la moins chère. Sachant qu'en plus il y a 19,6% de TVA : un véhicule de 10.000 euros en coûte presque 12.000 et rapporte presque 2.000 euros à l'état. Plus le véhicule est cher et plus il rapporte. L'état a donc intérêt à ce que nous achetions des 607 plutôt que des Logan. Notre ami Sarkozy insiste pour mettre de la TVA sociale. Cela rapportera beaucoup moins parce qu'il tue l'industrie automobile. Il a oublié que ce ne sont pas les produits qui paient mais les consommateurs. Pour punir les acheteurs de jouets chinois à 1 euro il va pénaliser les acheteurs de voitures françaises à 10.000 euros. Remarquable calcul! Et dire qu'il n'est même pas énarque! Il mériterait de l'être. Pourtant il suffit de se souvenir comment le passage de la TVA de 33% à 25 puis 22% a dopé les ventes à chaque baisse. Il faut reconnaitre que lorsqu'on roule en voiture de fonction avec chauffeur depuis des années aux frais de la Grande Bananeraie, ce genre de préoccupations n'entre pas en ligne de compte.
- L'essence a d'autant plus augmenté que la région utilise la TIPP non pas pour gérer les infrastructures routières mais pour payer le RMI. Or le nombre de RMIstes augmente de façon exponentielle. Donc la TIPP augmente. Encore un appauvrissement des Français. On dégaine le chèque-transport payé par les entreprises, mais si l'entreprise paye le transports de ses salariés, il y a de fortes chances pour qu'elle les augmente moins. C'est un cercle vicieux! Quant - aux non salariés, eux, ils prennent cette hausse de plein fouet. Résultat : ils ne roulent plus que le strict nécessaire, donc ont moins besoin de changer de voiture.
- L'automobiliste est une vache à lait. La gestion punitive à base de taxes et de radars joue dans le même sens. Mais aujourd'hui la vache à lait est épuisée.
Il faut remarquer que Madame Royal est allée visiter le site PSA d'Aulnay, en grève depuis le 18 février pour réclamer des augmentations de salaires, et qu'elle s'est une fois de plus mêlée de ce qui ne la regardait pas en s'immisçant dans la gestion du groupe. Elle a "solennellement" demandé que les dirigeants discutent avec les syndicats (comme s'ils l'avaient attendue), et qu'ils publient leurs comptes en mentionnant les dividendes versés. Elle ne se souvient pas que des entreprises cotées en bourse du type de PSA publient leur bilan annuel et que les syndicats ont précisément un droit de regard sur les comptes via le CE.