PIGEON VOLE
Reuters :
"Les coûts de fonctionnement des communes augmentent deux fois plus vite que l'inflation.Pour les maires, à qui François Fillon a redit jeudi que les concours de l'Etat aux collectivités ne dérogeraient pas à la politique de maîtrise des dépenses publiques, il y a urgence à réformer de fond en comble la fiscalité locale.
Depuis un an, l'AMF, en liaison avec les deux autres grandes associations d'élus départementaux et régionaux, a beaucoup travaillé sur la question. Une démarche qui a abouti à la rédaction de propositions communes de réforme et sur lesquelles ils entendent désormais négocier avec l'Etat.
Venu s'adresser au congrès mardi -démarche inédite pour un président en début de mandat-, Nicolas Sarkozy leur a indiqué que le message avait été entendu, promettant l'ouverture d'un "Grenelle de la fiscalité locale"."
Au moins nous savons à quelle sauce les pigeons que nous sommes vont se faire bouffer. Comme s'il n'y avait pas assez d'impôts en France et comme si la fiscalité locale n'était pas devenue carrément insupportable pour nombre de nos concitoyens, particulièrement en province. Les folies des grandeurs de quelques élus régionaux jouant aux roitelets locaux, sans le moindre contre-pouvoir, n'ont pas fini d'être payées. Même à Paris, lorsque la facture des âneries Delanoësque sortira, beaucoup de gens pâliront. Il restera une ville sale, une voirie en mauvais état, un manque crucial de logements d'urgence, des transports en commun en retard sur les grandes métropoles européennes, toujours la pénurie de crèches et de gardes d'enfants... mais il faudra payer le petit tram-tram, les Paris plage et autres nuits blanches, les Véllib, les soi-disant oeuvres d'art, les piscines qui coulent, la propagande permanente, les subventions à des faux artistes et à des associations d'utilité douteuse, le nombre toujours croissant de personnel travaillant directement ou indirectement pour la municipalité sans que cette prolifération se justifie le moins du monde.
L'imbécile loi sur la décentralisation qui a donné aux régions des responsabilités sans financements et surtout sans supprimer la moindre strate administrative est la première cause des problèmes. Mais l'irresponsabilité des présidents de région socialistes est une circonstance fortement aggravante.
Ce n'est pas la fiscalité qu'il faut réformer d'urgence, mais la répartition des responsabilités. Moins d'état, c'est plus de pouvoir direct aux régions. Moins d'administration, moins de couches, c'est aussi moins d'impôts pour tous. Si une région veut réaliser des investissements ou simplement moderniser des infrastructures, cela ne concerne pas Paris. Qu'elle puisse prendre la décision et la financer, mais qu'on arrête de payer deux ou trois fois et de multiplier les intervenants.
Nous avons : l'Europe, l'état, la région, le département, le canton, la communauté de communes, la commune : 7 niveaux de décision, ce n'est pas un peu trop? Et la subsidiarité dans tout ça? Seul Paris se passe de cantons, mais pour un département-commune de 2 millions d'habitants ce serait superfétatoire. D'ailleurs pourrait on me dire sérieusement à quoi sert le canton dans cette répartition?
Enfin il me semble qu'une bonne loi de décentralisation aurait dû prévoir des contre-pouvoirs. On ne met pas tout aux mains d'un élu régional sans qu'il ait de compte à rendre à qui que ce soit. D'ailleurs si l'élu devait vraiment trouver lui-même ses financements sans les quémander à l'état, il ferait peut-être plus attention car il n'aurait pas la possibilité de mettre les dérapages sur le dos des autres. Il y aurait plus de transparence. En cas de dérive, il se ferait virer aux élections suivantes.
On nous rebat les oreilles avec la démocratie participative, mais dans la pratique, la société civile ne peut se faire entendre que pour faire de la surenchère, jamais des propositions constructives. Seuls sont écoutés ceux qui ont des moyens de pression et savent faire du sensationnel. Il est inutile de multiplier les sondages d'autosatisfaction comme le fait la mairie de Paris, genre : "préférez-vous être jeune riche et en bonne santé dans une ville de gauche ou vieux, pauvre et malade dans une ville de droite"?
L'élu local se doit de rendre des comptes à ses électeurs mais aussi de les écouter avant de se lancer dans des projets furieux. Est-ce utile? Est-ce souhaitable? Qu'est-ce que cela va apporter pour l'avenir de la ville ou le bien être des habitants? Y aura t-il un retour d'investissement, sinon cela vaut-il la peine? Cela s'appelle une étude de marché. Quelles seront les conséquences sociales, fiscales, environnementales des projets? Cela s'appelle une étude d'impact.