SI JACQUES ATTALI N'EXISTAIT PAS...
... Il ne faudrait surtout pas l'inventer.
Quelle idée saugrenue à bien pu passer dans la tête de notre président pour aller chercher le fossoyeur de la BERD et l'ancien conseiller de Mitterrand en économie, pour lui confier une commission d'études sur la croissance?
D'abord une commission se justifiait-elle? Certainement pas! Le rapport Camdessus, puis le rapport Pébereau, étaient assez clairs. Ils doivent encore traîner au fond d'un tiroir dans un ministère. A supposer qu'on les ai perdus, un clic sur internet devrait permettre de les retrouver. Ces deux rapports ne se contentaient pas d'un diagnostic mais donnaient des pistes. S'appuyer dessus aurait pu faire gagner beaucoup de temps pour la mise en oeuvre de réformes sérieuses. Que notre hyper président les ressorte donc de la naphtaline et là j'arriverai peut-être à le prendre au sérieux, à croire qu'il veut vraiment faire quelque chose.
Et surtout pourquoi Attali?
Ce Monsieur a une chronique dans l'Express. Il vient d'y écrire un texte sur Raymond Barre, qui fut son professeur d'économie. Je conçois qu'ils soient d'idéologie opposée, mais Raymond Barre vient de décéder. Il est d'usage dans ces cas là de faire l'éloge des gens... ou de se taire. Pas Attali : il ose écrire que Barre n'était qu'un prof qui vulgarisait bien les idées des autres, et qu'il a appauvri la France lorsqu'il est passé au gouvernement. Et de se référer à Galbraith, l'homme du New Deal... En oubliant, je viens de le lui rappeler dans une lettre avec copie à l'Express, que ce sont ses conseils à lui, Attali, auprès de Mitterrand, qui ont ruiné la France en très peu de temps. Au passage, il a aussi mis deux ans à mettre la BERD en faillite grâce à une gestion calamiteuse. Peut-être - et c'est le sens de ma lettre - aurait-il dû mieux apprendre les cours du professeur Barre. Quant à ses références en matière d'économie, j'aurais préféré qu'il citât Milton Friedman, par exemple.
Monsieur Attali est non seulement incompétent, mais il a trouvé le moyen de se dégager d'avance de toute responsabilité : ce sont les internautes qui vont lui dire ce qu'il faut faire. Il a ouvert un site :
http://liberationdelacroissance.fr/files/home.php
et propose aux internautes d'intervenir. Il est évident qu'il ne s'agit que d'occuper des gens pour leur donner l'impression de donner leur avis. Si ces propositions se soldent par un échec, il lui sera facile de dire que c'était ce que voulaient les Français.
J'ai regardé le site : il a saucissonné tous les pans de l'économie et mis toutes les activités en cases. Une case pour les TPE et les impôts, une autre pour les problèmes administratifs, pour les charges sociales, pour l'export, pour les PME, pour les grandes entreprises, pour la distribution... En tout 35 blogs différents sur lesquels chacun peut intervenir sur des points choisis d'avance. Rien de cohérent, pas de plan d'ensemble. Un patchwork de mesures catégorielles à prendre ou à laisser. Ni fait ni à faire!
En somme, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.