UN DEBAT POST SOVIETIQUE

Publié le par Christiane Chavane

Navrant, consternant, affligeant, désolant… Comment qualifier ce faux débat que nous inflige une chaîne publique entre 3 membres du PS ? Nous sommes de plein pied dans la campagne présidentielle. Le CSA est censé attribuer des temps d’antenne équitables et non faire la propagande d’un seul parti. On peut espérer au moins que cette location inédite de temps télévisuel sera intégrée dans les frais de campagne du candidat final, faute de quoi ce serait un pur parti pris de la part de notre média national, payé, rappelons-le, par le contribuable.

Au-delà de ce bourrage de crâne médiatique en forme de propagande brejnévienne, on peut s’interroger sur le programme du PS ou plutôt son absence, tous candidats confondus. Du prêt à penser en boîte, servi réchauffé !

Comment des gens qui ont été aux affaires et y sont encore (tous ex-ministres, un président de région en fonction), peuvent ils nous servir des raisonnements aussi creux ? Ils se sont pourtant heurtés à la réalité, dans l’exercice de leur fonction. Sont-ils idiots, ou tellement imbibés de culture post-marxiste, tellement éloignés du monde réel qu’ils n’ont pas vu évoluer la société et sont restés coincés au XIXe siècle, à l’heure de la lutte des classes et de Germinal ? Le fond des mines de charbon se prêtait à l’obscurantisme, mais nous les avons fermées. Les faits les contredisent depuis des années, et depuis des années ils continuent contre vents et marées à nous asséner les mêmes fausses solutions en réponse aux mêmes problèmes. Sourds ? Muets ? Aveugles ? Juste bornés ? Des solutions qui ont prouvé leur inefficacité et même leur « dangerosité » pour employer le jargon à la mode.

 

Prenons juste 3 mesures pour lesquelles les 3 candidats drapés dans leurs fausses certitudes, pourtant sans cesse démenties par la réalité, sont d’accord à quelques détails près :

-         les 35 heures

Voilà qu’ils croient encore au partage du travail ! Non, le travail n’est pas un gâteau aux frontières définies que l’on découpe en tranches. Le travail ne consiste pas à occuper un poste mais à le valoriser. Le travailleur est là pour créer de la richesse et non pour faire de la présence. Plus il travaille et plus il en crée. Il participe à élargir le gâteau « richesses » qui, lui, est partageable. Et plus il est gros plus le partage est facile. Il faut donc travailler plus pour faire de la croissance.

-         la revalorisation du SMIC

Exclus de charges patronales le SMIC est devenu un emploi aidé. Chaque fois qu’on l’augmente on restreint la pyramide des salaires car l’entreprise ne peut pas indéfiniment accroître sa masse salariale, et donc ses coûts de production, dans un milieu ouvert et concurrentiel. Elle réduirait trop ses marges d’exploitation. Donc de plus en plus de salariés se retrouvent au SMIC et la tentation est d’autant plus grande que les économies de charges sociales sont une vraie aubaine, dont le salarié ne peut même pas profiter : si son patron, plein de générosité, voulait lui donner les charges qu’il économise, il ne serait plus smicard et son salaire ne serait plus exonéré.

-         le mythe de la mixité sociale

Il faut supprimer la carte scolaire : ils ont compris que c’était une source d’inégalités par le milieu social. Alors « yaka » mettre des quotas partout y compris dans le privé : remplacer la réglementation, lourde et stupide, certes, par l’arbitraire de l’administration ? Sacré progrès !

L’Ecole Alsacienne, où Madame Royal a inscrit ses enfants, sera-t-elle touchée par cette mesure ou lui donnera t-on une dérogation, afin que la mixité sociale ne profite qu’aux autres ? Il est vrai qu’elle a récemment refusé de rencontrer des femmes chefs d’entreprise au prétexte « qu’elles gagnaient trop ». Seuls les élus issus de la fonction publique ont le droit d’être bien payés, sans doute ? Il serait intéressant de savoir combien de ces femmes chefs d’entreprise gagnent moins qu’elle. Certainement plus qu’on ne croit.

Publicité

Publié dans Comptes rendus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article