PETITE CHRONIQUE D'UN LE HAVRE - PARIS
Début août, mes vacances en Normandie se terminent et me voilà au guichet SNCF de Bréauté-Beuzeville prenant un billet pour le « direct » Le Havre-Paris qui s’arrête à Bréauté. Trajet prévu : 1H30.
Le départ du train est fixé à 17H22. Seule la SNCF est aussi précise dans les horaires de départ. Dommage qu’elle le soit moins dans ceux d’arrivée…
« Bienvenue à bord du train 3104 à destination de Paris. Ce train est sans arrêt jusqu’à Paris St Lazare, nous vous souhaitons un bon voyage en notre compagnie ». Ainsi a lieu l’annonce à bord du train.
Et voilà qu’à Rouen, il s’arrête. Au bout de 20 minutes on nous annonce un retard, sans explication. 20 minutes de plus se passent, et le haut parleur reprend enfin du service. Mais pas le train. On nous informe qu’il faut descendre et changer de quai pour prendre une correspondance, dont le départ est immédiat.
Les passagers récupèrent leurs valises et se ruent sur l’unique escalator, dans une pagaille indescriptible. La correspondance est là, sans doute depuis longtemps : ils se précipitent dans les wagons pour trouver une place. S’agissant d’un TER les filets à bagages n’étaient pas prévus. Bien entendu ce n’est pas un direct mais un omnibus qui va s’arrêter trois fois avant d’arriver à Paris. Nous voilà donc avec 40 minutes de retard dans la vue, sans la moindre justification.
A noter que le « chargement » précipité des passagers qui poireautaient à la gare de ROUEN depuis 40 minutes alors que le tortillard de service était là depuis longtemps nous a fait perdre 10 minutes de plus. Soit une heure et non 40 minutes de retard sur l’horaire initial.
Lors des 3 arrêts suivants les arrivants ont trouvé un train bondé et tout le monde s’est retrouvé avec les valises sur les genoux.
Etonnés et excédés du retard les nouveaux passagers se sont fait donner comme explication que le retard était dû à la présence de voyageurs non prévus venant d’un autre train. De victimes nous sommes devenus coupables.
Certes, sans nous le tortillard aurait été vide (il paraît d’ailleurs qu’il l’est toujours) et il n’est pas rentable de faire circuler des trains vides. Mais pourquoi supprimer le direct sans prévenir les passagers ? N’eût il pas été plus intelligent de supprimer l’omnibus et de prévenir les clients pour qu’ils choisissent un autre horaire ? Et lorsque la SNCF se voit pour des raisons vérifiables contrainte de faire changer de train en cours de route, la moindre des choses est aussi d’avertir les passagers à temps au lieu de les laisser moisir 40 minutes pour leur faire ensuite traverser la gare et monter à bord d’un autre train dans l’urgence, en retardant celui-ci.
Cela s’appelle le respect du client, la conscience professionnelle, ou peut être tout bêtement la politesse, qualités sans doute surannées au pays des « services-publics-à-la-française-que-le-monde-entier-nous-envie » et qu’il « fô-défendr’-à-tout-prix » et surtout à n’importe quel coût.