LOGEMENT ASOCIAL
Avant de hurler avec les loups qui ont poussé à la démission de Monsieur Bolufer (directeur de cabinet du ministre de la ville) parce qu'il profitait depuis des années d'un loyer aidé, il convient de se demander pourquoi la Ville de Paris laisse pourrir de telles situations. Monsieur Bolufer mentionne que 200.000 personnes sont dans son cas. 200.000 personnes qui pourraient facilement se loger dans le privé mais occupent des logements "aidés". Sachant que cela représente 10% de la population parisienne, et que je ne crois pas que nous ayons 10% de logements sociaux, je pense qu'il exagère. Ou alors vraiment, il faut vider tous les HLM* parisiens. Mais qu'il y en ait une forte proportion, c'est probable.
La plupart préfère payer un surloyer que de partir, donc de laisser la place à ceux qui en ont réellement besoin.
Soit, mais pourquoi ne les pousse-t-on pas dehors? Sans doute au nom de la mixité sociale, afin que les HLM parisiens aient un quota de locataires solvables et tranquilles.
Il est possible qu'à l'origine ces gens aient pu bénéficier d'aides parce que leurs ressources trop faibles le justifiaient. Pour beaucoup (pas pour tous), c'est probablement vrai. Mais qu'est ce qui justifie que ces logements soient attribués à vie? Une aide au logement doit être ponctuelle, et faite dans la transparence. Elle doit permettre à ceux qui ont une mauvaise passe ou des revenus irrémédiablement insuffisants de se loger convenablement. Or, ces comportements déviants participent à la pénurie.
Monsieur Chirac ou Monsieur Tibéri ou Monsieur Delanoë ne sont pas plus ou moins coupables les uns que les autres. Ils n'ont pas pris leurs responsabilités de maires. Les projets de Madame de Panafieu en ce domaine ne sont pas plus convainquants.
La logique voudrait que les logements sociaux soient attribués par une commission dont les délibérations soient publiques, en fonction non seulement des ressources, mais du degré d'urgence de la demande.
La logique voudrait que le loyer soit proportionnel aux revenus (prestations sociales incluses, qu'il faut réformer mais ce n'est pas notre propos ici), sans plafond, et que le bail soit calqué sur le privé : baux 3,6,9 renouvelés sous conditions de ressources. Cela permettrait de faire partir en douceur le locataire trop "riche" pour avoir un loyer aidé. Du reste il le ferait de lui-même lorsqu'il se rendrait compte qu'un appartement dans le privé lui coûterait moins cher. Une autre possibilité s'offrirait à lui : racheter son logement, ce qui permettrait de dégager de la trésorerie pour construire d'autres logements.
* j'utilise le terme HLM pour simplifier mais le logement aidé parisien regroupe 15 statuts différents.