REPUBLIQUE BANANIERE

Publié le par Christiane Chavane

Rue d'Enghien (Xe) ce matin : une noria de policiers bloquant tout le quartier parce que Sarko se rend à son QG de campagne. La république paie la sécurité de ses déplacements de candidat. Alors que la moindre association n'a aucun droit d'aider ou de financer un candidat, lui se fait carrément protéger aux frais de la princesse. Pratique, d'être ministre de l'intérieur.

Le PS n'est pas en reste. Lorsque Bécassine va faire des gaffes à l'étranger c'est en présence de l'ambassadeur de France qui va l'accueillir en grande pompe. En tant que chef d'état de Charente-Poitou?

De plus en plus j'ai l'impression qu'il n'y a que deux candidats dans cette élection, à croire que le premier tour va être escamoté. Il est vrai qu'on l'a placé au milieu des vacances scolaires. Pour qu'il n'y ait personne?

De débat, point, mais de démagogie, beaucoup. Les questions TV à Nicolas Sarkozy par des pékins plus ou moins intimidés et sans débat possible m'ont laissé une drôle d'impression. A la première question : après la loi anti-tabac est il prévu d'autres lois liberticides? Sarko s'est lancé dans une diatribe contre le méchant fumeur qui tue ses voisins mais a occulté le principal : et après ce sera quoi? On est en droit de se demander si c'est bien le rôle de l'état que de veiller sur notre santé et d'envoyer des escouades de policiers ou d'inspecteurs du travail vérifier que nous n'enfumons pas les autres et nous mêmes. Dans un système moins pervers ce serait plutôt le travail de notre médecin et de notre assureur-santé librement choisi. Du reste lorsque je vois ces pauvres gens dehors sous la pluie tirant sur leur mégot au risque d'une pneumonie, je trouve que c'est une drôle de façon de veiller à leur santé.

Pire, Sarko a rajouté la larme à l'oeil que dans un café-tabac en Lozère, seul commerce restant dans un village, il s'agirait d'être souple... Faisons des lois mais ne les appliquons pas, en tout cas pas partout, en fonction de la capacité des gens concernés à jouer les pleureuses devant un élu au coeur d'artichaut. Si les lois sont faites pour être contournées, il vaut mieux ne pas les faire. Le passe-droits n'est pas un mode de fonctionnement démocratique.

Quant à Marie-Bécassine, elle consulte le peuple. J'ai entendu dire (mais ce devait être une mauvaise langue) qu'elle avait dû d'abord vérifier dans le dictionnaire ce que c'était que le peuple. Nous attendons donc fébrilement son programme. A défaut de lui donner des idées, elle me fournira des sujets d'articles humoristiques. Enfin elle a quand même rassuré François : elle non plus n'aime pas les riches! Elle restera socialiste.

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Publié dans Comptes rendus

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