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LE BLOG DE PARIS XIIe

 

Environnement

Mercredi 31 janvier 2007

D’où vient la pollution ?

L’ère industrielle a fondamentalement changé le type de pollution que l’on pouvait rencontrer en ville jusqu’au XIXe siècle. Mais de l’ère industrielle nous sommes passés dans celle des services. Le secteur tertiaire occupe aujourd’hui 70% de l’activité dans les pays développés, et plus encore dans les villes. Les usines ont été repoussées à la campagne.

  

Pour mémoire, au Moyen-Age, alors que l’industrie n’existait pas, l’artisanat avait une place prépondérante dans nos villes : tanneries, imprimeries, travail des métaux, du bois… dont il subsiste encore des séquelles : les bijoutiers du Marais, les meubles du Faubourg Saint Antoine… Mais à cette époque on se préoccupait assez peu de la pollution ; tout terminait directement dans le caniveau. Avec le crottin des chevaux (une superbe source de méthane à effet de serre d’ailleurs, aujourd’hui remplacée à Paris par les déjections canines…). La ville était sale et source de germes pathogènes. Si la grande peste de 1310 s’est si facilement propagée, grâce aux rats, c’est bien à cause de cette pollution permanente.

 

Le XIXe siècle a changé la donne. L’exode rural a fait grossir les villes. Les cheminées d’usine ont poussé, rejetant des suies, du soufre, des métaux lourds, des polluants divers. Les premières automobiles ont fait leur apparition mais leur nombre était insuffisant pour polluer vraiment : c’était effectivement réservé aux riches. Les trains marchaient au charbon : le passage au diesel fut un énorme progrès pour la qualité de l’air.

Cela a provoqué d’ailleurs en ville un effet de coupure entre l’est et l’ouest : les vents dominants en hémisphère nord étant des vents d’ouest, les familles aisées se sont installées à l’ouest, au vent, et les familles pauvres à l’est, sous le vent des usines. C’est pourquoi les quartiers les plus « bourgeois » à Paris sont toujours à l’ouest, et les quartiers les plus populaires à l’est.

Et comme tous ces nouveaux habitants devaient se chauffer en hiver, la solution facile et abondante était le charbon, puis vint le fuel ou le gaz.

  

Après la seconde guerre mondiale le boum économique a considérablement remodifié la structure de nos villes. La production d’automobiles de masse fut la source de bien des maux pour des villes qui n’étaient pas prévues pour cette circulation anarchique. Il fallut adapter nos villes. Les voitures étaient gourmandes en essence, avaient un mauvais rendement, les essences n’étaient pas aussi performantes qu’aujourd’hui et contenaient entre autres, du plomb. Les villes continuaient de se peupler, mais le charme de la campagne commençait à pousser des citadins vers la banlieue, augmentant leur trajet travail. Ce fut aussi l’ère des villes nouvelles autour de Paris, pour décongestionner la capitale. Toutes ces erreurs écologiques ajoutées au fait que les usines étaient toujours en ville et que personne ne se préoccupait de savoir si tous ces rejets étaient toxiques ou non, ont fait que nos villes étaient considérablement polluées à la fin des années 70. Sans que ce soit la cause de la révolution de 68 ni du mouvement hippie, la haine de la société de consommation a tout de même pris racine dans cette croissance débridée.

  

 Qu’en est il aujourd’hui ?

Il y a eu une prise de conscience des citoyens devant tant d’erreurs. C’est une bonne chose. Mais la prise de conscience est décalée par rapport à la réalité, comme si la perception des évènements avait une phase de retard sur leur apparition effective.

  

La ville étant engorgée, l’immobilier devenant rédhibitoire et les livraisons aléatoires, les entreprises ont fui et se sont installées dans des zones industrielles en périphérie de Paris. Périphérie d’ailleurs de plus en plus lointaines. Par ailleurs les procédés techniques se sont améliorés, souci du rendement et de la productivité oblige, les rejets ont diminué, la lutte contre la pollution engagée à la fois par les pouvoirs publics et les industriels a porté ses fruits, de sorte que les rejets industriels polluants ont fortement diminué. Le nucléaire peut ne pas plaire à tout le monde, mais faire de l’électricité nucléaire ne provoque pas de gaz à effets de serre et n’envoie pas dans l’atmosphère de rejets soufrés comme le charbon ou le fuel. Le chauffage à charbon a disparu, celui au fuel perdure mais diminue fortement. L’habitat s’améliore. Le réseau de transports en commun s’est intensifié. Reste la pollution automobile, mais là les chiffres sont formels : les constructeurs et les pétroliers ont fait de tels progrès en quelques années que les nouveaux véhicules diesel ne polluent plus du tout, et ceux à essence très peu. La qualité de l’air s’est donc améliorée lentement en fonction du renouvellement du parc automobile, et ce jusqu’en 2001.

Malheureusement depuis 2001 nous assistons à une rupture de cette chaîne vertueuse. La politique menée par la nouvelle municipalité pour réduire la circulation automobile a échoué, parce qu’elle était irréaliste. Si 10 à 15% de moins de véhicules circulent dans Paris, les embouteillages ont augmenté de façon dramatique, et en conséquence la pollution. Car les rejets des véhicules sont liés non pas à la vitesse mais au régime moteur. Plus le rendement est élevé, plus l’essence brûlée est efficace et moins il y a de rejets. Dans un embouteillage le rendement est mauvais, il y a des redémarrages nombreux, et les rejets sont beaucoup plus importants. Par ailleurs la paupérisation de la population, son éviction en banlieue, ont fait augmenter les temps de trajet, et aussi, bien plus grave, ont participé à l’augmentation du temps de renouvellement du parc automobile, qui est passé de 5 à 7 ans.

Pire, le report de l’automobile sur le scooter deux-temps, qui rejette des COV, a fortement aggravé les choses. Car la diminution du nombre de voitures n’a pas été compensée par une augmentation du nombre de voyageurs dans les transports en commun : il y a même eu une diminution des fréquentations du métro.

Résultat : entre 2001 et 2003 il y a eu augmentation des rejets de NO2, d’Ozone et de particules fines, alors que ces chiffres diminuaient depuis 30 ans, et tout particulièrement sur les 10 dernière années.

Par Christiane Chavane
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Mercredi 31 janvier 2007

Elles sont venues, elles sont toutes là, lustrées, brillantes, les belles carrosseries impossibles à garder en l’état dans les parkings Vinci de notre capitale.

 Au moment où l’automobile américaine se paie l’une des plus graves crises de son histoire, GM, Ford, Chevrolet alignent leurs nouveautés sur des stands luxueux. L’automobile française aussi est en crise, cherté du pétrole oblige. Ce qui n’empêche pas la foule de se bousculer au rayon des machines à rêver : Ferrari, Lamborghini, Porsche et autres Maserati…

 Quoi qu’il en soit la crise du pétrole chauffe l’imagination de nos constructeurs. Le foisonnement d’offres de véhicules verts a de quoi réjouir les plus tristes esprits anti-bagnole. Ce symbole de la primauté de l’individuel sur le collectif, qui déplaît tant à nos idéologues de l’écologisme anti-capitaliste, est aussi source de progrès technique et reflète le talent de nos ingénieurs.

 Le choix est vaste désormais. De la flex-fuel disponible fin 2007 chez PSA et en 2009 chez Renault, qui commercialise ses premiers modèles en Suède dès janvier prochain, de la Prius de Toyota, toujours en pointe, mais bientôt concurrencée par PSA (qui sort bientôt un cabriolet hybride), Renault et d’autres, à la pile à combustible de la prochaine Honda, disponible dès 2008, nous aurons l’embarras du choix. Reste que l’hydrogène se fabrique toujours avec des carburants fossiles (gaz ou charbon). 500 pompes de biocarburants E85 (bioéthanol 85%, essence 15%), ce n’est pas beaucoup, mais la flex-fuel ne vous laissera pas en rade puisqu’elle permet aussi de rouler à l’essence classique. Et le nombre de pompes augmentera si les véhicules se vendent. Quant au biodiesel, les nouveaux véhicules diesel en acceptent jusqu’à 30 %. Reste à convaincre les distributeurs de proposer des diesels mélangés.

 

 

 

 

 

 Ci-dessus la future Honda à hydrogène (pile à combustible)

 

 

 

 

Tout ceci nous montre bien que point n’est besoin de taxes ou de méthodes coercitives pour inciter les consommateurs à se tourner vers des modèles moins gourmands et moins polluants : le marché est le moyen le plus efficace de punir les constructeurs non vertueux. Les Américains en font en ce moment la triste expérience : leurs SUV et autres monstres de la route restent en stock tandis que la Prius hybride a le vent en poupe. Pas besoin d’avoir signé Kyoto : ce sont les clients qui décident en fin de compte. Pourtant ils auraient dû se méfier, c’est la deuxième fois que cela leur arrive. En tout cas notre ego a de quoi être flatté, quand nous voyons que Renault est appelé à la rescousse du géant américain GM, même si au bout, aucun accord n’a finalement abouti… et que Ford commence à lorgner vers la France pour sauver ses usines. Belle revanche pour nos constructeurs qui n’ont jamais réussi à s’imposer aux USA en raison – notamment – des bâtons que l’administration américaine s’ingéniait à leur mettre dans les roues. Ce qui prouve que le protectionnisme finit toujours par se retourner contre le protégé.

 Pourtant, à l’heure où le Parisien entame le XXIe siècle contraint et forcé de revenir à la bicyclette et où l’on nous bourre le crâne en prenant systématiquement l’exemple de gens heureux et libérés sur leur vélo, les Chinois, eux, remisent leur petite reine et se mettent à la voiture : 200 millions de Chinois peuvent aujourd’hui s’offrir une automobile et ne s’en privent pas. Ils s’offrent des Citroën et des Peugeot made in China, entre autres, et bien sûr des modèles locaux. Et pendant que nos usines ferment en France, elles s’ouvrent en Chine. Est-ce la faute des Chinois ou celle de nos idéologues qui rêvent d’un utopique retour rousseauiste à la nature, dans des cavernes, vêtus de peau de bêtes (pas de fourrures, juste la laine) ? Remarquons au passage que du coup les autorités chinoises, inquiètes d’un risque d’augmentation de la pollution, dégainent les normes les plus strictes du monde, applicables dès 2008, et que nos constructeurs qui les ont négociées avec eux, s’y plieront. Cela ne peut faire qu’avancer le progrès, une fois de plus. Car ces normes nous reviendront sans aucun doute.

 

 

 

 

Par Christiane Chavane
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Mercredi 31 janvier 2007

Dès 2007 la municipalité parisienne nous prive de sacs plastiques ; il faut bien se la jouer écolo. Sortons nos cabas ou préparons nous à payer les sacs réutilisables.

Pour se faire pardonner d’avoir pollué Paris en empoisonnant les automobilistes, il faut étendre l’empoisonnement à tous les consommateurs. Logique : c’est la haine de la société de consommation. Nostalgie de 68 dont les révolutionnaires sont devenus hauts fonctionnaires et cadres sups ?

Je ne sais pas si vous faites comme moi, mais les sacs de supermarché me servent aussi à jeter mes déchets. Il faudra donc que j’en achète. Voilà qui va faire plaisir aux fabricants de sacs poubelles. Ce n’est qu’un transfert puisque les fabricants de sacs plastiques de supermarché en vendront moins. Cela ne créera pas foule d’emplois. Mais ça fera baisser mon pouvoir d’achat.

Est-il si écolo de supprimer les sacs et quel est, au fond, le problème ?

En donner moins est sans aucun doute souhaitable. Il y a bien un peu d’abus. Mais la tendance va dans le bon sens. Ces sacs ne sont pas biodégradables, mais ils brûlent et fournissent de l’énergie. Or, les ordures parisiennes sont traitées dans deux unités d’incinération. Il serait difficile de faire autrement compte tenu des volumes, à moins de couvrir l’Ile de France de décharges. Notons que si vous achetez des sacs poubelles pour vos ordures vous revenez à la case départ. Il aura fallu du pétrole pour les fabriquer, dans les 2 cas. La seule chose qui serait intelligente serait de pousser les commerçants à fournir des sacs blancs ou transparents, ce qui limiterait les métaux lourds dus aux colorants. Or, les sacs réutilisables, qui ne se réutilisent pas à l’infini, sont rarement dénués de publicités colorées.

Quant aux sacs biodégradables : ils ne sont pas faits que de composants biologiques, mais aussi partiellement de composants chimiques et demandent une grande quantité d’énergie et de pétrole pour être fabriqués. On tourne en rond. Sur le plan environnemental il y a un autre problème, très bête : la matière première est le maïs, très gourmand en eau et en subventions, donc asséchant les nappes phréatiques et le porte-monnaie des contribuables, et demandant d’être traité aux pesticides chimiques, sauf à être OGM, ce qui est encore plus mal vu par nos nazécologistes multimédiatisés.

Par ailleurs ces sacs plus lourds vont augmenter la quantité de déchets, et alléger votre portefeuille car ils sont nettement plus chers que les autres. Votre commerçant peut évidemment choisir de diminuer considérablement sa marge bénéficiaire, déjà mise à mal par les taxes indirectes que notre Mairie lui fait subir, sans oublier sa baisse d’activité liée aux problèmes de circulation. Les seuls à rigoler sont les hypermarchés… Ils augmenteront un peu leurs tarifs et vous feront payer les sacs sans que vous vous en aperceviez.

Le seul cas où il est utile de supprimer les sacs, c’est en zone rurale, là où l’on met les ordures en décharge ; nous savons valoriser les déchets pour produire de l’énergie. Mais le tri doit être impitoyable et les sacs plastiques doivent être absents de la décharge, précisément parce qu’ils ne sont pas biodégradables. Là oui, cela se justifie.

En revanche revaloriser le petit commerce au détriment des grandes surfaces permettrait de limiter ces monstrueuses barquettes polyéthylène ou polystyrène qui encombrent nos poubelles. Mais pour ça il faut arrêter de harceler les commerçants de proximité.

Il serait temps de perdre cette manie de décider de solutions uniques au nom de tous sans réfléchir. Ou pire, pour faire mode. A pensée unique, solution unique, désastre assuré.

A noter le remarquable communiqué de la Mairie : « lancer une concertation pour mettre fin à la distribution de sacs plastiques à partir de 2007 ». Comme le remarque le Perroquet Libéré, à quoi bon une concertation si le résultat est connu d’avance ?

Par Christiane Chavane
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Jeudi 1 février 2007

Nicolas HULOT vient de faire passer un "grand oral" aux 10 candidats qui ont signé son Pacte, d'ailleurs sans beaucoup réfléchir. Comme disait Coluche : "si j'avais lu j'aurais pas signé, faut pas me prendre pour un c..."

Ce cérémonial grotesque auquel se sont prêtés les 10 candidats - dont les 2 favoris - avec serment à la clef, a vraiment des arrières goûts amers. Monsieur HULOT se pose en gourou. Il ne se présente pas mais entend imposer sa "vision" et surtout ses solutions constructivistes, inefficaces, et collectivistes. Faute de quoi? Il compte "punir" ceux qui ne suivront pas les préceptes de cette nouvelle église?

Il faut tout de même remarquer le côté nombriliste de ce monsieur. Il se prend pour un dieu, tellement sûr d'être infaillible qu'il n'écoute aucune remarque des non signataires : "si vous ne signez pas c'est que vous ne voulez rien faire pour l'environnement". Autrement dit si vous ne me promettez pas un job de super-ministre, c'est que vous êtes contre l'écologie.

Alternative Libérale lui a proposé un débat sur l'environnement. Il n'a même pas répondu. La moindre des choses eût été de commenter les propositions de ses contradicteurs. Mais non, HULOT le GOUROU sait tout mieux que les scientifiques, les économistes, les chefs d'entreprise etc. Et nos politiciens vont s'aplatir devant lui comme des crêpes. N'ont-ils pas honte?

Pour nous, l'environnement est un sujet crucial dans les années à venir. Mais nous voulons cesser d'infantiliser les Français. Pas plus que l'état ne doit contrôler le sommeil des Français ou envoyer des agents dans les bureaux vérifier que les employés ne fument pas (150 000... déjà que les policiers ne sont pas assez nombreux sur le terrain pour s'occuper des délinquants, on leur a trouvé une nouvelle mission sociale), l'état ne doit pas décider d'en haut de ce qui est bien pour chacun de nous. Il doit simplement nous donner des pistes, laisser passer l'information, laisser se multiplier les initiatives, et elles foisonnent ces temps ci, même dans notre pays sclérosé et malgré les bâtons que les étatistes mettent dans les roues de ceux qui veulent faire avancer les choses.

Par Christiane Chavane
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Samedi 3 février 2007

Lorsque Chirac était Maire de Paris il avait lancé l'appel de Cochin. Maintenant qu'il est Grand-Père de France, il élargit son cercle et lance l'Appel de Paris. Il n'a pas eu le mauvais goût de le lancer le 18 juin.

Lui aussi se lance dans l'incantation religieuse écologisante. Ce n'est pas la première fois puisqu'il est à l'origine du slogan "la maison brûle" envoyé de Kyoto. Hulot veut nous renvoyer aux cavernes, d'ailleurs sa cérémonie devant ses 10 apôtres s'est déroulée au musée des arts premiers(*), c'est tout un symbole. Chirac veut en plus que la vie quotidienne dans les cavernes soient mondialement gouvernée par des fonctionnaires onusiens. Je ne sais pas s'il vise le poste de Président de cette future instance parasitaire. C'est de la surenchère où je ne m'y connais pas. Cette idée de gouvernement mondial reprise à l'envi par les altermondialistes, et qui n'est en fait que la réalisation de "l'internationale communiste" a de quoi faire frémir. Ceux qui n'ont pas lu 1984 devraient s'y replonger d'urgence, car c'est exactement ce qui nous attend, et pas en 2084 mais bien avant. George Orwell n'avait qu'un peu d'avance.

Le plus grave n'est pas que ce vieux gâteux nous ressorte sa dernière lubie dans l'espoir de redorer un blason terni par 12 ans de gouvernement calamiteux, mais qu'il réussisse à entraîner derrière lui des gouvernements européens et même hors Europe. Son pouvoir de nuisance est donc toujours intact. Pourtant même son copain Lula a refusé de s'engager dans cette voie, non pas de garage, mais de grotte.

(*) que le musée chéri de Chirac ait été choisi pour cette pantalonnade en dit long sur la question : pour qui Hulot roule-t-il? A l'attention des habitants du XIIe je rappelle d'ailleurs que ce musée a été ouvert grâce au pillage du Musée des Arts Africains et Océaniens de la Porte Dorée sur "réquisition" de notre président.

Par Christiane Chavane
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Mardi 13 février 2007

En ce moment a lieu le procès de l'Erika. Encore une marée noire due à un bateau pourri, affrété par un armateur douteux, avec un équipage au rabais, pour transporter pas cher le pétrole d'une grande compagnie pétrolière. Tous les ingérdients d'un mauvais polar étaient réunis : les esclavagistes au service du grand capital et de la finance internationale. Du pétrole qui sent le soufre.

Les marées noires se suivent et se ressemblent. Elles ont presque toujours les mêmes causes et produisent  les mêmes effets : côtes souillées, oiseaux englués...

Le risque zéro n'existe pas plus en matière de transport maritime qu'ailleurs. Toutefois nous devrions nous interroger sur l'incapacité de l'Union Européenne à éviter que des poubelles mal flottantes engorgées de mazout ne viennent s'échouer sur nos côtes à la première vague. Nous devrions aussi nous demander pourquoi des procès interminables sont nécessaires pour obtenir indemnité.

Depuis l'affaire de L'Amoco Cadiz, les politiques européens ont agité les bras dans tous les sens en disant : plus jamais ça. A l'époque, le tout jeune cabinet d'avocats de Corinne Lepage avait pris l'affaire en mains. Mais pour asseoir la notoriété du cabinet, il fallait aller jusqu'au procès et ne pas se contenter d'un accord à l'amiable qui, pourtant, était intéressant. Madame Lepage a eu raison puisqe cela lui a valu un poste de ministre. Cela dit le procès a duré des années et l'indemnité finalement obtenue moins bonne que celle que le "coupable" proposait au départ. Par la suite, au ministère de l'environnement, elle a planché avec ses collègues européens sur le sujet : comment empêcher un nouvel Amoco Cadiz? Résultat : une armada de fonctionnaires européens chargés d'inspecter tous les tas de ferraillent qui traînent dans les ports. Bien entendu ils ne voient en fait que 15% des bateaux au lieu des 25% prévus, et une inspection superficielle est largement insuffisante pour se rendre compte de l'état réel des bateaux. D'autre part, le FIPOL, auquel cotisent les pétroliers, plafonne les indemnités : c'est le principe de la mutualisation du risque. Si le dommage est très important, seul le procès ou un accord amiable permet d'obtenir davantage. Ainsi les transporteurs sont ils déresponsabilisés d'office et il faut une faute lourde pour leur demander d'assumer davantage.

Ce n'était pourtant pas compliqué. Les Américains ont choisi une voie bien plus efficace, basée sur le principe pollueur-payeur. Les navires qui entrent dans leurs eaux territoriales sont priés d'être assurés auprès d'une compagnie agréée. Pas besoin de centaines de fonctionnaires. Le bateau faxe sa police d'assurance et obtient le droit de passage, sinon une vedette des garde-côtes a tôt fait de le renvoyer d'où il vient. En cas d'accident, pas besoin de procès : le coupable paiera jusqu'au dernier centime. Résultat : on peut compter sur les assureurs pour se prémunir. Eux se chargent d'inspecter les navires et de faire payer les polices en fonction du risque. Mais c'est trop simple pour nous européens.

Par Christiane Chavane
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Samedi 17 février 2007
http://video. google.fr/ videoplay? docid=-899605598 6353195886
Ce lien ne fonctionne plus. Il montrait une vidéo qui passait récemment en boucle sur internet, comme par hasard au moment où Monsieur Bové attendait le verdict de la cour de cassation pour sa destruction d'un champ OGM. Le film réalisé par Canal + montrait une interview de chercheurs de Monsanto et ajoutait qu’après leur passage Monsanto avait fermé sa porte aux journalistes. Vu la façon dont le reportage avait été truqué (pour un scientifique les ficelles sont grossières) cela n’est guère étonnant. Nos journalistes interrogent aussi le président de la Commission du génie biomoléculaire, agence gouvernementale chargée d’études sur les OGM, et tronquent ses réponses, jetant le discrédit sur un organisme d’état qui n’a franchement aucune raison d’être à la solde d’un quelconque Monsanto. Pire ils font intervenir un soi-disant laboratoire italien démontrant le danger des OGM et que le gouvernement italien brimerait en refusant un financement public. Sans doute le gouvernement italien est il plus soucieux que le nôtre des deniers du contribuable et ne voit pas l’utilité de financer un groupuscule activiste anti-OGM : le dossier défendu par le laboratoire était plus que léger.
Il est inadmissible d’utiliser le mensonge et la diffamation pour faire passer des théories oiseuses. Voici comment procède Canal plus, sans doute aux ordres de quelque manipulateur anti-OGM (suivez mon regard), pour faire passer sa propagande. Le témoignage ci-dessous est édifiant, c’est celui du président de la commission du génie Biomoléculaire, victime de ce montage.
Plus inadmissible encore, il n’a aucun moyen autre que son carnet d’adresse e-mail pour faire rétablir la vérité. Canal plus, entreprise largement subventionnée par l’état, n’est pas même tenue à un démenti.
Ci-dessous la lettre du chercheur incriminé à ses collègues :
 
"Cher ami,
 
Vous avez, comme beaucoup de personnes, reçu par Internet un message vous invitant à visionner une vidéo sur les OGM présentée comme censurée.
 
Cette vidéo n’a pas été interdite d’antenne puisqu’elle a été diffusée sur Canal Plus le 15 novembre 2005.
 
Cette émission, dans laquelle je suis interviewé, porte sur un maïs génétiquement modifié présenté comme dangereux pour la santé, et une étude de toxicité qui aurait été volontairement dissimulée. Ce document manque d’objectivité, et accumule les erreurs et les inexactitudes ; avec des coupures bien choisies, l’on me fait tenir des propos, qui sortis de leur contexte, donnent lieu à interprétations erronées. D’ailleurs, M. Le Député Jean-Yves Le Déaut, alors président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a écrit dans ce sens au rédacteur en chef de l'émission, une lettre de violentes protestations.
 
Revenons sur ce qui s’est réellement passé :
La CGB, saisie pour effectuer l’évaluation scientifique du dossier de mise sur le marché du maïs génétiquement modifié MON863, s’est interrogée sur les résultats d’une étude de toxicité sur les rats qui montraient des différences entre le lot témoin et les rats nourris avec l'OGM, sur différents paramètres biologiques. La CGB a alors demandé, à plusieurs reprises, des informations complémentaires (re-examen des coupes histologiques par des experts renommés, nouvelles données sur le poids des reins et autres études toxicologiques impliquant le même maïs transgénique) et a fait appel à un spécialiste français dans le domaine, avant de conclure au fait que les modifications observées correspondent à des anomalies fréquentes chez le rat de laboratoire et n’ont pas de signification quant à la toxicité du maïs OGM. Après plusieurs examens du dossier, la CGB a donc finalement conclu, à l’issue de 5 avis, à l’absence de risque pour la santé, par rapport à un maïs conventionnel.
 
On peut s’étonner que M. Gérard Pascal, membre de la CGB, toxicologue, rapporteur du dossier, et qui a été à l’origine des questions posées par la CGB sur le dossier, n’ait pas été interrogé par Canal+.
 
Il est regrettable que les interrogations de la CGB sur un dossier, illustrées par les 5 avis émis sur ce dossier et qui font partie du processus normal d’évaluation, aient été utilisées dans les médias pour semer le doute sur la sécurité des OGM autorisés et discréditer la Commission du génie biomoléculaire.
 
 
Marc Fellous
Président de la Commission du génie biomoléculaire"
Par Christiane Chavane
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Jeudi 1 mars 2007

Une découverte inouïe : le Rhône est pollué par les PCB.

Ce matin RTL en parle en long, en large, et en travers. La pêche est interdite depuis 3 jours entre l'Ain et la Vallée du Rhöne parce que le taux de PCB y est très important. C'est, ajoute le journaliste, une pollution de long terme, qui va durer plus de 10 ans (tiens, et on le découvre d'un coup?), et qui vient, c'est sûr, du couloir de la chimie à Lyon.

Un sacré raccourci.

Raisonons un peu : pourquoi interdire la pêche dans l'Ain si les PCB partent du couloir de la chimie, au sud de Lyon? Est-ce que la pollution remonterait le courant?

D'où viennent les PCB? Des installations électriques. Ils ont été interdits dans les années 70 alors qu'ils étaient utilisés comme isolants dans les transformateurs et fluides hydrauliques dans les huiles diélectriques. On en trouvait aussi dans les plastifiants et les produits d'imprégnation du bois et du papier. Le problème est qu'ils sont très stables et que ceux qui ont pu être déversés dans le Rhône il y a 30 ans y sont probablement toujours. L'autre problème est que la durée de vie des transformateurs électriques est de 50 ans et que nous n'en serons pas définitivement débarrassés avant 2010. Donc ce n'est pas nouveau. Il semble cependant que le taux de PCB dans le Rhône soit remonté depuis 2005. Depuis cette date la pêche est régulièrement interdite.

Alors pourquoi, d'emblée, accuser sans savoir les méchants chimistes ou pétrochimistes de St Fons et Pierre Bénite, qui ne PEUVENT pas être à l'origine de cette pollution? Parce qu'ils ont les moyens? Comme me l'avait fait remarquer un jour un élu au sujet de Bayer et BASF à qui l'ont avait fait porter le chapeau des décès d'abeilles vendéennes. Mais il vaudrait mieux trouver les vrais coupables, et comment se fait il que depuis 2005 aucune enquête n'ait été ouverte pour les rechercher?

L'interdiction de pêche commence à Saultz-Brenaz (Ain) où se trouve un barrage (tiens?).

Mais les sites internet qui s'intéressent au problème montrent du doigt le bourg de St Vulbas où se trouverait un méchant pollueur. Ah? Voyons? A St Vulbas se trouve le site de TREDI, qui s'occupe justement de dépollution et traite les PCB. Encore faut-il que les utilisateurs de PCB les lui envoie à traiter. St Vulbas est en AVAL de Saultz. Là non plus je ne pense pas que les PCB remontent le courant. Alors pourquoi TREDI ne traite-t-il pas les PCB de Saultz?

Bien entendu j'attends les résultats de l'enquête officielle. Avec beaucoup de curiosité.

Par Christiane Chavane
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Mardi 6 mars 2007

L'écotaxe (sur le CO2)  figure au programme des 3 candidats vedettes à la présidentielle qui sont allés se vautrer aux pieds de Hulot. L'UE ne l'a pas mise pour le moment dans ses objectifs, puisqu'elle propose des quotas échangeables, selon un système qui tient de l'usine à gaz, ça ils ne peuvent pas s'en empêcher, mais bon...

Hé bien je reçois ce matin un fax publicitaire (non autorisé, donc un spam), me proposant une formation et l'achat d'un logiciel pour gérer l'écotaxe! Il y a vraiment des parasites qui ne perdent pas de temps.

Est-ce un hasard? Ces gens sont installés au 9 rue Pleyel, à côté de la permanence UMP du XIIe.

La seule écotaxe qui soit en place aujourd'hui concerne les déchets électriques et électroniques; elle est incluse dans le prix de vente des appareils et reversée à l'état par le fournisseur, afin d'assurer le recyclage des dits appareils (sic). Franchement, pensez vous que le fait de payer cette taxe va faire recycler votre fer à repasser? Si rien ne vous incite à le rapporter au fournisseur et si rien n'est proposé à celui-ci pour évacuer les objets à recycler, vous continuerez à les jeter dans votre poubelle, taxe ou pas taxe.

Je n'imagine pas que ces escrocs en puissance veuillent m'expliquer comment payer un truc aussi simple, j'imagine bien qu'ils prennent de l'avance et prévoient l'écotaxe qui nous pend au nez si nous élisons l'un de ces 3 rigolos, et surtout si nous leur donnons un parlement entièrement acquis à leurs fantasmes.

Désolée Messieurs les spammers, l'écotaxe ne figure pas au programme d'Alternative Libérale et nous mettrons tout en oeuvre pour que cette spoliation supplémentaire des entreprises françaises ne voie jamais le jour. L'engraissement de parasites n'est pas dans nos objectifs. Les entreprises préfèrent embaucher des salariés qui travaillent et les payer. Et si nous voulons qu'elles se dotent d'un système intelligent de recyclage, laissons les s'ouvrir un nouveau marché au lieu de les racketer.

Quand on sait qu'il existe déjà depuis 2000 (hors cette nouvelle écotaxe électrique), 4 taxes environnementales mises en place par Jospin, sur les gravats, les pesticides, les installations classées et les engrais, et que ces 4 taxes n'ont été créées que pour financer les abaissements de charges sociales sur les 35 heures, on voit bien que l'écologie n'est qu'un prétexte à nous pomper du fric pour payer les gabegies étatiques. C'est honteux! Martine disait que les 35 heures ne devaient rien coûter. Elle parlait de ses propres poches, sans doute. Dans les ministères on ne paie pas d'écotaxe.

Par Christiane Chavane
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Dimanche 1 avril 2007

Nicolas Sarkozy propose un grenelle de l'écologie piloté par les ONG : Greenpeace, WWF, les amis de la Terre, j'en passe et des pires. Bien sûr tout cela pour faire plaisir au hamster qui s'est remis à faire tourner sa roue. Sa conseillère en écologie est Nathalie Kosciusko-Moriset : polytechnicienne, énarque et fille de ministre, prototype de cette nomenklatura clonique qui pourrit notre vie depuis plusieurs décennies. Madame Kosciusko-Moriset n'a pas hésité, lorsqu'elle était rapporteur du gouvernement Raffarin pour la Charte de l'environnement, à écrire sur le grand forum de l'UMP que, depuis 1789, nous avions abusé de la liberté.

Décidément, plus ça va, plus ma conviction de ne pas voter Sarkozy devient forte. Evidemment si nous avions le malheur de le retrouver au second tour en face de la dinde royale, je me verrais obligée à contrecoeur de glisser dans l'urne un bulletin portant son nom.

Un grenelle de l'écologie piloté par cette bande de fous dangereux? Alors que précisément, en France, l'écologie souffre d'un excès d'étatisme centralisateur et de manque de responsabilité individuelle.

J'en veux pour exemple une simple petite anecdote : depuis plusieurs années j'achète des cartouches d'encre HP. L'emballage contenait une enveloppe prête-à-poster, dans lequel je glissais la cartouche usagée. Je mettais le tout à la poste et HP se chargeait du retraitement. Mais l'état considère que les fabricants de matériel informatique sont trop bêtes pour recycler. Depuis que l'éco-taxe a été créée, HP la paie, donc ne va pas faire payer deux fois le recyclage au consommateur. Plus d'enveloppe. Plus de recyclage. Ou comment une taxe est rapidement contreproductive.

Au fait pourquoi n'y a t-il plus non plus de poubelles à piles dans les grandes surfaces?

Continuons comme ça. Faisons confiance à ces ennemis de la liberté, maniaques de la taxe et adeptes de la décroissance durable, et nous nous retrouverons très vite au niveau de l'Afrique. Y compris et d'abord sur le plan environnemental.

Par Christiane Chavane
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