MAIRE PAUVRE

Publié le par Christiane Chavane

Michèle Blumenthal, maire du XIIe et candidate à sa réélection a décidé de rendre publics son patrimoine et ses revenus. Le texte est disponible sur son site de campagne auquel je ne vais tout de même pas faire de pub en donnant le lien. Je cite :

« Ancienne professeur d’histoire-géographie, je perçois à ce titre 1 850 euros net de retraite par mois.En tant que maire du 12ème arrondissement, mes indemnités d’élues, après impôts et prélèvements de mes cotisations d’élues au Parti Socialiste, s’élèvent à 2 300 euros par mois. Mon mari et moi-même sommes locataires depuis 34 ans dans le 12ème arrondissement d’un appartement à loyer libre de l’OPAC, de 70 m² (82,9 en incluant le balcon et la loggia), dont le loyer se monte à 771 euros, auxquels s’ajoutent 106 euros de parking. Par ailleurs, nous avons acquis en 1980 un studio de 33 m² à Saint-Mandrier (Var), pour un montant de 225 000 francs (34 300 euros), financé pour moitié par un prêt sur 18 ans. En 1998, nous avons acquis un voilier de 8m90, construit en 1977, pour la somme de 100 000 francs (15 245 euros). »

Notre Maire a oublié de citer le salaire ou la retraite de son mari, or il me semble que les critères d'attribution des logements de l'OPAC incluent les revenus du FOYER et non d'une seule personne. Quand on se targue de faire de la transparence on le fait complètement.

Je veux bien croire que si elle occupe le même logement depuis 34 ans son loyer n'a pas suivi la hausse des loyers parisiens puisqu'on ne peut pas les augmenter sans dénoncer les baux. De là à ce qu'il y ait une telle différence avec les prix du marché, c'est tout de même anormal.

Je veux bien croire aussi qu'il y a 34 ans elle n'avait pas les mêmes revenus qu'aujourd'hui. Cependant un professeur d'histoire - géo même débutant pouvait, me semble - t-il, se payer un loyer à Paris il y a 34 ans sans passer par l'OPAC. Je suis arrivée à Paris en 82, en pleine loi Quillot et augmentation des prix; j'étais jeune cadre débutante et ne gagnais certainement pas plus qu'un professeur de collège du même âge, et cela ne m'a pas empêchée de trouver un logement dans le secteur privé. Certes, cela ne favorise pas les économies, mais si l'on en croit Madame Blumenthal, ce n'est ni l'achat de son studio dans le Var ni celui de son voilier qui représentent un investissement invraisemblable. Or les prix qu'elle annonce sont parfaitement plausibles. 

Ce qui est plus gênant c'est de savoir qu'aujourd'hui, avec un revenu qui lui permettrait sans problème de se loger dans le privé, notre Maire continue d'occuper un logement pour la MOITIE de son prix. Il suffit d'aller sur le site www.seloger.com pour s'apercevoir qu'un F3 de 70 m² dans le XIIe coûte entre 1100 et 1400 euros par mois en location (charges comprises). A voir son faible patrimoine on a envie de se cotiser. Pourtant quand on met 700 euros de côté par mois en économisant la moitié d'un loyer, on peut s'offrir un bel appartement à crédit.

Beaucoup de familles qui ne disposent pas d'une indemnité de Maire ni de deux retraites ou salaires de ce type seraient ravies d'occuper un tel logement pour 771 euros. Notons que : 1100 euros représentent le salaire médian en France et 1400 le salaire moyen. Je ne parle pas des retraites.

Publié dans politique parisienne

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Landry 01/02/2008 14:00

Ce qui me sidère, c'est qu'un élu puisse encore rester dans un logement de l'OPAC. Ca ne me parait pas très déontologique.Sinon, elle mentionne le prix d'achat du studio de St-Mandrier, mais pas son estimation actuelle... Si elle dit cela pour sa déclaration de patrimoine, je doute que ça passe !

Christiane Chavane 01/02/2008 20:05

A sa décharge elle est très loin d'être la seule à manquer de déontologie, que ce soit à gauche ou à droite. Nous autres libéraux pouvons nous permettre d'épingler ce genre de situations quand nous les apprenons, puisque nous sommes sans reproches!La valeur actuelle de son studio importe assez peu. Si elle ne nous cache rien elle est très loin des 760.000 euros de l'ISF et ne fait donc pas de déclaration de patrimoine. Elle n'a aucune raison de le réestimer. A vue d'oeil il me semble, compte tenu des prix de l'immobilier au bord de mer, que la valeur d'un tel studio doit tourner autour de 100.000 euros. C'est évidemment une estimation à la louche. Je n'ai pas été vérifier sur les sites internet immobiliers.