APRES LE TABAC, LE TELEPHONE

Publié le par Christiane Chavane

"PARIS (Reuters) - Une mise en garde concernant les possibles risques pour la santé d'un usage excessif des téléphones portables, notamment pour les enfants, a été lancée mercredi par le ministère de la Santé, juste après les ventes massives de ces objets à Noël.
C'est la première fois que le gouvernement français lance un tel avertissement, même s'il est assorti de fortes précautions. La France compte 53 millions d'utilisateurs de portables, soit un taux d'équipement de 84%, selon les autorités de régulation des télécommunications.
Le ministère rappelle que si les études françaises et internationales établissent qu'aucune preuve scientifique ne permet de démontrer que les portables présentent un risque "notable" pour la santé, certaines d'entre elles font état d'un risque faible d'effet sanitaire dans certaines conditions.
Depuis quelques années, sont commercialisés des téléphones mobiles destinés à des enfants de quatre à huit ans, qui ne comportent que quelques numéros pré-mémorisés et servent en principe aux parents à rester en contact en permanence avec eux.
Le ministère assure qu'il tente d'obtenir une synthèse du résultat des études menées pays par pays à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a fin de disposer d'un ensemble statistique fiable.
Il dit aussi avoir saisi l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail afin qu'elle réalise une "mise à jour de son expertise"."

Notre état nounou ne sait plus où donner de la tête. Il faut bien occuper la nouvelle AFSSET, après l'AFSSE, l'AFSSAPS et d'autres AF-quelque chose, on finit par ne plus très bien savoir qui quoi et pourquoi. 

Je suis effarée que des parents achètent des portables pour des gamins de 5 à 8 ans, afin de ne pas perdre le contact. Les habituer très jeunes à la laisse électronique, en effet, c'est bien les conforter dans l'idée qu'ils ne seront jamais autonomes. Pour faire plus tard de petits assistés doux et gentils et votant bien, ça doit marcher. Ceci étant je me demande comment des parents peuvent "perdre le contact" avec des gosses de 5 à 8 ans. Comme s'ils allaient en boîte tous seuls. On ira ensuite se plaindre qu'ils se font enlever.
La vraie raison de cet engouement pour les baby-portables réside plutôt dans le fait que les parents cèdent à tous les caprices et ne savent plus dire non de peur d'entendre chialer bébé. Paresse? Envie d'avoir la paix? Mais plus on cède plus il y a de caprices. C'est sans fin, comme les aides catégorielles et les récriminations syndicales. Pour l'enfant, au fond, c'est l'apprentissage de son avenir de cégétiste à la RATP.

Le plus grand danger du portable pour des enfants de cet âge est facile à évaluer. Pas besoin d'agence. Le danger c'est qu'ils se fassent écraser en traversant sans regarder parce qu'ils sont pris dans leur conversation. Ce n'est pas pire que jouer au foot sur le trottoir, c'est du même niveau.

Ce qui me perturbe c'est que l'état éprouve le besoin de venir s'en mêler! Là encore il prend la place des parents démissionnaires. Il supprime leur responsabilité de parents, avant de supprimer leur liberté d'éduquer leurs enfants comme ils l'entendent.

Une chose est sûre : à défaut de tabac, ne fumez pas votre portable, ce n'est sûrement pas bon pour la santé.

Publié dans société

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Anomalie 04/01/2008 00:54

Ce qui est effarant (et ce n'est qu'un début!), est cette tendance mondiale à l'hygiénisme qui envahit progressivement nos vies (pour notre bien, cela va de soi), dont le tabac n'est qu'un épisode. La seule cause globale qui unit désormais les peuples libres d'Occident dans la célébration de leur magnificence, la seule idéologie qui ait vaincu toutes les autres, c'est le bien-être personnel. Et que je te crée des jobs de consultants-vie, de coach bien-être personnel, de conseillers en développement endocrinologique et j'en passe.

Personne n'étant parfait, je suis fumeur. On nous martèle que ce qui est en jeu, c'est une guerre. Guerre entre fumeurs-empoisonneurs et non-fumeurs victimes. Guerre entre pollueurs et sains de corps et d'esprits. Guerre entre drogués et adeptes du bien-être. La question n'est évidemment pas là. Je connais des fumeurs favorables à la loi d'interdiction, et des non-fumeurs défavorables à cette même loi. Le débat se joue plutôt sur le terrain de la philosophie personnelle, de la liberté et de ce que l'on veut en faire. On pourrait ajouter les termes de convivialité, ce qui fait évidemment bondir les chemises vertes de notre bien-être malgré nous.

Or il n'y a pas trente six solutions. L'exercice de notre liberté entraîne nécessairement une nuisance pour notre voisin, puisque nous vivons en groupe. Toute l'alchimie d'une société est donc de réussir à minimiser cette nuisance. Le fameux la liberté des uns s'arrête là où commence etc etc. Deux solutions logiques s'offrent alors à nous : la suppression de la liberté pour supprimer les nuisances, ou la compartimentation de la société en groupes distincts retranchés chacun derrière des murs. Nos sociétés occidentales ont choisi tantôt la première solution, tantôt la seconde. Chacune de ses solutions est une étape supplémentaire vers la non-vie hygiéniste et communautariste si bien décrite par les anars de droite. Et pourtant il existe une troisième solution, qui pourrait nous éviter ce double-écueil : l'intégration dans notre petite tête que la liberté nuit forcément, et s'en accomoder.Vais-je demander l'interdiction des voitures parce que ma petite fille en poussette respire à plein poumon les gaz d'échappements ? Vais-je demander dans un bar de changer la musique parce qu'elle m'agresse au plus profond de moi, que les mièvreries musicales insipides sont une insulte permanente à mon intelligence et représentent une intrusion insupportable de la connerie ambiante dans mes neurones ? Vais-je demander la suppression de toutes ces saloperies de pubs à gogo qui défigurent mon métro et m'incitent à consommer des merdes dont je n'ai pas l'utilité ? Non, je fais contre mauvaise fortune bon coeur, et j'accepte que la liberté des ces abrutis comporte une nuisance pour ma propre représentation du monde. Je geins, je bougonne, je gueule, je maugrée, mais je ne cherche pas à INTERDIRE. Mais où va-t-on ? Les murs entre les gens, entre les peuples sont-ils la seule option viable pour résoudre les problèmes ? Chacun chez soi ? Plutôt accepter que la nuisance potentielle que l'exercice de la liberté de mon voisin engendre est le gage de la pérennité de ma propre liberté.

Christiane Chavane 04/01/2008 14:21

Complètement d'accord. Nos politiciens surfent sur la haine et la peur du voisin. Diviser pour régner, c'est bien connu. Voilà pourquoi ce que vous appelez "hygiénisme" n'est pas près de se calmer.Ce que vous dites est juste, et ça porte un nom : la politesse, le respect des autres, la bonne éducation (il y a plusieurs façons de le dire), c'est à dire ce que nous ont apporté des générations de civilisation et de culture. Le seul moyen de vivre ensemble est d'être capable de faire des concessions aux autres. Et ça marche dans les deux sens. La haine du tabac est à rapprocher de la haine de la bagnole. C'est exactement la même approche.Sans vouloir être mauvaise langue, quand ceux qui se permettent de nous donner en permanence des leçons en se vantant d'être des parangons de vertu (ne boit pas, ne fume pas...), et s'affichent avec les "people" du show-biz, ne font pas d'excès de vitesse mais les font faire à leur chauffeur ou se font précéder de gendarmes en moto et annoncer à coup de gyrophare, vous disent d'économiser l'essence mais partent en vacances en jet privé "prêté par un ami" (comme si en politique il y avait des cadeaux "par amitié", sans contrepartie...), je trouve qu'on se fout vraiment de nous.Quant à la "gôche", ils ne sont pas en reste; les khmers verts et roses qui se garent en infraction à Paris avec la carte de visite "adjoint au maire en service" sur le parebrise (vu, hélas je n'avais pas d'appareil photo sur moi), pendant que vous prenez une prune parce que vous n'avez pas couru assez vite au tabac du coin pour acheter une carte de stationnement, qui vous proposent le vélo pendant qu'ils se font conduire par leur chauffeur... no comment!