PLUS ON ROULE MOINS VITE MOINS ON AVANCE PLUS VITE

Publié le par Christiane Chavane

C’est ce qui ressort des futures « réformes » que veut nous faire avaler Monsieur Femmes de Ménage et l’égérie de l’écologisme français Madame Kosciusko-Morizet. Normal ! Quand on ne roule qu’en voiture de fonction avec chauffeur et gyrophare et que le code de la route est notre dernier souci, on peut demander n’importe quoi à l’automobiliste moyen, celui qui passe à la caisse en permanence.

Nous savons que la vignette va revenir, assortie de quelques autres réjouissances. Mais le plus imbécile, c’est bien la diminution des limitations de vitesse. Cela va coûter une fortune puisqu’il faudra changer tous les panneaux. Pas grave, ne nous inquiétons pas pour si peu, le harcèlement du méchant automobiliste à coup de radars va s’amplifier. Quand plus personne n’aura son permis le problème sera réglé. Les Français pourront toujours rouler en voiturette, elles ne dépassent pas le 50 km/h. Les autoroutes seront vides, on pourra y mettre des rails pour faire du ferroutage (sans clients). Nous n’aurons plus d’industrie automobile en France. Ni d’industrie de quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs. Ce n’est pas grave, ce sont des pollueurs. Les chômeurs ? Monsieur Borloo les embauchera pour surveiller les parcmètres pour vélos. Qui paiera ? Bof… Chaque problème en son temps.
 
A propos de vélos d’ailleurs. Formidable Vel’lib ! Delanoë a trouvé le moyen de contourner le monopole de la RATP. Nous avons vu récemment que Vel’Lib avait fait le plein pendant les grèves du métro. En plus cela contribue à dépeupler Paris. Il y a déjà des morts.
 
Pourquoi est-il débile de diminuer la vitesse ?
 
Plusieurs arguments fallacieux sont avancés par les anti-bagnoles professionnels :
 
-          diminuer de 10 km/h sur les autoroutes permet de rejeter 3% de CO2 en moins :
C’est d’autant plus FAUX que les Français roulent beaucoup plus sur route et en ville que sur l’autoroute (kilométrage moyen sur autoroute par Français et par an : 64 km). Les routiers, eux, ont déjà d’autres vitesses limites en fonction de leur charge.
Il faut encore et encore rappeler qu’il n’y a aucune relation entre la vitesse et la consommation. Ce qui était vrai dans les années 80 est faux aujourd’hui. On consomme moins en roulant régulièrement à 130 ou 150 qu’en roulant à 90 avec des accélérations et des décélérations. Autrement dit lorsque la circulation est fluide, la consommation est faible, lorsqu’elle est « en accordéon », elle est énorme. Résultat, en diminuant à 120 au lieu de 130, on observera le phénomène que l’on voit dans les zones à radars : les gens ralentissent, mettent un temps infini à doubler les camions, se suivent de trop près, donc passent leur temps à freiner et accélérer, en créant ce phénomène d’accordéon qui, non seulement fait consommer, mais est « accidentogène ».
Seule une conduite en souplesse permet d’économiser le carburant. Mais cela ne se décrète pas avec des panneaux d’interdiction. C’est au conducteur de s’adapter à son véhicule et à l’état de la route et de la circulation. Voir loin devant lui plutôt que fixer son compteur de vitesse… Hélas, ce n’est pas ce que l’on nous demande.
 
-          le risque d’accident est moindre, on fait d’une pierre deux coups
C’est faux non seulement pour la raison que je viens d’invoquer, mais parce qu’en allongeant les temps de trajet sur autoroute on engendre de la fatigue chez le conducteur. C’est bien beau de dire qu’il faut s’arrêter régulièrement. Il faudrait faire deux heures de sieste au milieu d’un trajet de 800 km pour résister à la somnolence lorsqu’on roule à 120 sur une autoroute quasi-vide comme c’est souvent le cas en dehors des grandes migrations estivales. J’ai personnellement l’habitude des très longs trajets à titre professionnel. Déjà à 130, je trouve ça imbuvable. Lorsque vous avez une voiture confortable et peu bruyante, l’assoupissement vous guette. Alors à 120 n’en parlons pas !
On nous ressasse sans cesse que les Français ont le record des tués sur les routes en Europe. Dans l’absolu, c’est vrai. Au kilomètre parcouru, c’est un pur mensonge. La France est vaste et peu dense. En revanche on oublie de dire que les Allemands sont meilleurs sans limitations, mais ils ont un réseau très dense d’autoroutes et les autoroutes sont plus sûres que les routes classiques. On oublie que les Italiens ont fait passer la limitation sur autoroute à 150 sans augmentation d’accidents. On oublie aussi que c'est en ville qu'il y a le plus d'accidents et que les premières victimes sont les 2-roues et les piétons, la plupart du temps par leur propre faute. Sans parler des sorties de boîte de nuit le samedi soir en rase campagne, parfois assorties de sorties de route. Sans parler des mal-voyants qui n'ont jamais vu un ophtalmo et quelques autres dangers publics non répertoriés.
 
Or, nos ministricules veulent aussi cesser de construire des autoroutes. Justement ce qui est un apport de sécurité et où la consommation est justement moindre grâce à la régularité du trafic.
 
La seule mesure intelligente, qui figurait au programme d'AL, si elle est appliquée ce dont je doute, serait de faire un péage généralisé pour les poids lourds afin qu’ils ne roulent plus sur les routes nationales pour gagner quelques euros. La part « autoroutière » serait reversée aux sociétés d’autoroute. Cela implique de supprimer la taxe à l’essieu, inique car elle ne touche que les routiers français. Or, cette mesure là n’est pas prévue. C’est comme l’ISF. On ne supprime pas une recette. Même et surtout si elle est contre-productive.
 
Voulons-nous que les automobiles émettent moins de CO2 ? La seule solution passe par le renouvellement d’un parc vieillissant. Si possible pas en achetant des 4x4, même si là aussi de réels progrès ont été faits. Pour cela, il faut que les Français aient de l’argent, un point c’est tout. L’écologie et l’économie sont étroitement liées.
 

Publié dans Environnement

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