HEP, TAXI

Publié le par Christiane Chavane

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Mercredi dernier pas de problème pour trouver un taxi entre les Invalides et le Champ de Mars : ils étaient tous là, pour une manifestation dans le plus grand calme.

Les taxis parisiens râlent. Entre les problèmes de circulation, la mauvaise organisation des parkings d'attente dans les aéroports, ils étaient déjà bien énervés. Voilà que le gouvernement veut supprimer leur détaxe sur le gasoil et "dérèglementer" la profession. Taxés et montrés du doigt, ils ont décidé de réagir.

Evidemment, si leur colère est compréhensible, leur motif est toujours "on veut être aidé". En France tout le monde réclame des aides et des protections sans s'apercevoir que la première aide et la meilleure consiste à laisser vivre les gens et leur donner plus de libertés.

Quel est le vrai problème? Les taxis parisiens bénéficient d'une fausse rente de situation grâce à des quotas qui les protègent de la concurrence. En contrepartie ces quotas font grimper le prix de leur licence. Les supprimer, c'est donc ramener à zéro la valeur de leur fonds de commerce. Or ils ont un métier pénible et une retraite plus qu'aléatoire. La vente de la licence est donc bien utile. Mais imaginons que nous soyions dans un système libéral, qu'on arrête de surtaxer les professions indépendantes et de les obliger à suivre une réglementation paperassière et tatillonne. Au lieu de renflouer en permanence les caisses vides de l'état, ils pourraient se constituer une vraie retraite, une vraie assurance maladie. Aujourd'hui déréglementer c'est aussi spolier les taxis qui sont encore en train de rembourser les crédits d'achat de leur licence. Car cette protection n'est qu'un leurre : l'amortissement de la licence coûte cher et les taxis, pour vivre décemment (car ils gagnent moins que les cheminots de la SNCF et sont rarement en grève... quand ils font grève ils ne sont pas payés), doivent travailler beaucoup et être chers, de sorte qu'il y a un énorme potentiel de clients qui pourraient les prendre et s'en abstiennent. D'autre part on commence à voir apparaître des taxis clandestins qui sont autant de manque à gagner pour eux. Il faudra donc bien un jour en finir avec ces quotas, mais pour ça il faut être correct et trouver un moyen d'indemniser les taxis. Ainsi, moins chers, plus nombreux mais au final mieux payés, tout le monde y gagnerait : taxis et clients.

Quant-au gasoil, il est incompréhensible qu'il y ait sans arrêt deux poids et deux mesures. La TIPP régionale a été augmentée non pas pour améliorer le réseau routier mais pour payer le RMI. Qu'on en finisse avec ces âneries. Dans le programme de AL je préconisais de faire de la TIPP une redevance régionale destinée à financer exclusivement le réseau routier et la voirie. Calculée et collectée par les régions en fonction de leurs projets ROUTIERS et non pas pour n'importe quoi. Au moins aurions nous des routes en bon état. Il faut en finir aussi avec la non affectation des dépenses. Si nous en venions à un tel système nous n'aurions pas besoin d'aider telle ou telle catégorie, ni de faire des chèques-transport (payés avec l'argent des autres, en l'occurrence les entreprises).

Publié dans Témoignages

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